Titre : | Au nom de l’intersectionnalité : Travail d’inclusion et reproduction d’un ordre racial et genré dans le self-help féministe (2024) |
Auteurs : | Lucile Quéré, Auteur |
Type de document : | Article : Article de revue |
Dans : | Raisons politiques (n°95, 2024/3) |
Article en page(s) : | 16 pages |
Langues: | Français |
Sujets-matières : |
intersectionnalité
féminisme égalité des chances |
Résumé : | L’intersectionnalité, loin de n’être qu’un concept analytique devenu privilégié pour saisir l’imbrication des rapports sociaux et de la manière dont ils produisent les catégories et les groupes, fait aussi l’objet d’usages sociaux et d’appropriations foisonnantes, en particulier dans la sphère militante. C’est par exemple le cas dans le self-help féministe. Ce courant transnational qui conteste l’emprise médicale sur le corps des femmes et prône la reprise en main de celui-ci par les femmes elles-mêmes a émergé au tournant des années 1970. Il connaît un renouveau depuis une dizaine d’années et s’inscrit dans le renouvellement du féminisme protestataire qui, depuis le milieu des années 2010, engage un processus de repolitisation de l’intime. Comme dans d’autres mobilisations féministes contemporaines, l’intersectionnalité s’impose comme une nouvelle norme dans le self-help. La majorité de ses militantes déclarent ainsi leur adhésion à un féminisme « intersectionnel » qui interroge l’universalité de l’expérience des femmes et entend prendre en compte la diversité qui traverse cette catégorie. Elles se disent ainsi « sensibles à l’imbrication des différents systèmes de domination » ou encore au « cumul des rapports de domination ». |
Fonds : | Courant |