| Titre : | Cohésion sociale : langue, lien, partage : Dossier (2026) |
| Type de document : | Article : Article de revue |
| Dans : | Eduquer : tribune laïque (N°199, Mars 2026) |
| Article en page(s) : | Pages 11 à 27 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
insertion scolaire des primo-arrivants
langue française apprentissage des langues immigration diversité culturelle société |
| Résumé : |
Dans la nuit du 10 au 11 mai 1991, le quartier Saint-Antoine à Forest s’embrase. Tout part d’un contrôle de police. Mais ce qui explose cette nuit-là, c’est aussi une décennie d’austérité. C’est dans ce climat que les pouvoirs publics initient des politiques de financement d’associations locales sous l’égide du dispositif de cohésion sociale, visant à tisser ou retisser des liens sociaux en danger.
Trente ans plus tard, ce pari tient toujours. Dans ce dossier, nous analysons comment les cours de français langue étrangère (FLE), inscrits au cœur des politiques de cohésion sociale, s’ancrent dans la lignée de l’éducation per manente: celle qui place le vivre-ensemble avant la performance des modules linguistiques. La situation n’est pas rose pour autant. Alors que la ministre de l’Asile et de la Migration revendique «la politique la plus stricte de l’histoire du pays» et que la réforme du chômage s’implante, le monde associatif hérite des fractures creusées par le fédéral. Burn-out, surcharge administrative, publics de plus en plus précaires: «On n’a ja mais été aussi bas», résumait Anne Coppieters, directrice générale de Lire et Écrire. Face à ce marasme, au niveau bruxellois, la nouvelle déclaration de politique régionale ne va pas plus loin que saluer le tissu associatif comme «un pilier de la cohésion sociale», sans évoquer de moyens de soutien concrets. Nous ouvrons ce dossier consacré aux dispositifs de cohésion sociale par une présentation du cadre réglementaire. Ensuite, nous plongeons dans la réalité de terrain. Un reportage raconte le travail de ces formateur·ices, où la frontière entre dimension sociale et apprentissage de la langue n’est jamais hermétique. Dans ces mêmes salles, des solidarités se tissent. Un portrait retrace la rencontre entre deux apprenantes qui vont s’aider à s’évader d’une prison sans parloir. Enfin, dans un entretien en clôture de dossier, l’anthropologue Jérémie Piolat propose une ouverture réflexive. À partir de douze années d’observations de milieux dits de l’alphabétisation, il forge le concept de sudalisme: une forme de condescendance où l’interculturalité ne circule que dans un sens, du Nord vers les Suds. Or, comme il le rappelle: «On n’émancipe personne, on s’émancipe soi-même.» |
| Note de contenu : |
Ce dossier contient : - Le FLE à Bruxelles : entre cohésion sociale et éducation permanente, p.12 - Sur le bout de la langue. Cohésion sociale à la Ligue, p.16 - Une deuxième langue maternelle, p.19 - Ethnographie des milieux du français langue étrangère. Entretien avec Jérémie Piolat, p.22 - Pour aller plus loin, p.26 |
| Fonds : | Courant |

