| Titre : | Langage et démocratie : Dossier (2026) |
| Type de document : | Article : Article de revue |
| Dans : | La revue nouvelle (N°2, 2026/2) |
| Article en page(s) : | Pages 28 à 79 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
langues
démocratie société |
| Résumé : | Quels sont les rapports entre langage et démocratie, lorsque la langue est facteur d’inclusion ou d’exclusion, de classement ou de déclassement ? Nous envisageons ce vaste sujet à partir de pratiques citoyennes diverses, tant politiques que créatives. De la politique linguistique au langage des exclu·es, en passant par la remise en cause des normes de la grammaire jusqu’aux créativités lexicales, les articles de ce numéro tissent une réflexion à la fois sociolinguistique et citoyenne autour du langage par et pour tous et toutes. Nous avons tous et toutes la capacité à réfléchir à nos manières de parler, c’est notre capacité réflexive ou métalinguistique. Mais nous ne sommes pas égaux face à nos connaissances linguistiques (pourtant dispensées dans le parcours scolaire), notre capacité d’agir, de bousculer la norme, de ne pas la respecter. Si un académicien peut alterner un « merde » et un mot « rare et précieux », d’autres seront sanctionné·es pour leur méconnaissance ou leur variété propre, ce qui sera alors considéré comme une faute, voire une incivilité. Du point de vue politique et institutionnel, la société continue de valoriser les « bonnes » variétés légitimes de la langue, de la bonne orthographe aux bons accords en passant par le bon langage, la richesse lexicale, l’usage du passé simple… Les maitriser représente un atout indéniable pour tenir tête et langue (allusion au titre de l’ouvrage de la sociolinguiste Julie Abbou Tenir sa langue paru en 2022, qui participe au présent numéro) dans les échanges sociaux. Mais comment faire évoluer nos représentations, nos normes et nos usages et élargir la capacité d’agir de tous les citoyens et citoyennes, y compris en situation de précarité ou d’exclusion sociale ? Car la langue est l’un des leviers de l’autonomie de l’individu, de son imaginaire constitué par son histoire, sa culture, ce qu’on nomme son autobiographie sociolangagière. À l’heure de l’intelligence artificielle, qui apparemment démocratiserait l’expression écrite, apparemment puisque d’une part les versions payantes font accéder à un langage de meilleure qualité et d’autre part les textes produits se reconnaissent vite par leur conformité normative voire leur conformisme-l’enjeu est de taille : continuer à croire en l’apprentissage langagier comme outil d’émancipation et de libération, notamment pour les jeunes générations. |
| Note de contenu : |
Ce dossier comprend : - Introduction, p.28 à 29 - Qui pour faire bouger la langue ?, p.30 - Tordre, p.39 - Des mots, pas que des mots, p.47 - La langue doit être un débat public, p.56 - Nos mots ont un pouvoir, p.63 - Application du langage clair à la déclaration des droits, p.68 - Pour une langue polie et politique, p.78 |
| Fonds : | Courant |

