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Résumé :
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Le 21 février 2023, à l’occasion d’une réunion du Conseil de sécurité nationale, le président tunisien Kaïs Saïed, au pouvoir depuis octobre 2019, affirme que l’arrivée et l’installation « de hordes » de « migrants subsahariens irréguliers » en Tunisie représentent un danger à la fois sécuritaire et identitaire pour le pays. Ce serait, selon lui, le résultat d’un complot visant à transformer la composition démographique arabe et musulmane de la Tunisie. Ce discours s’inscrit dans un contexte marqué par un autoritarisme croissant, en rupture avec les principaux développements gouvernementaux de la décennie qui a suivi la révolution de 2011 (Redissi, 2023) et par l’essor du Parti nationaliste tunisien (PNT, ou Hezb el kawmi) fondé en 2018. Déjà au cours des mois précédant cette déclaration, les propos racistes et xénophobes du PNT avaient été relayés par plusieurs ministres et acteurs et actrices politiques. Cette communication constitue toutefois une première : jamais auparavant le président d’un pays du continent africain n’avait fait écho aux théories du « grand remplacement », historiquement avancées par l’extrême droite européenne pour viser les populations des ex-colonies, dépeintes comme des menaces pour la soi-disant civilisation blanche chrétienne (Toscano, 2023, p. 130). Immédiatement après ce discours, les agressions contre les personnes étrangères noires – mais aussi contre les Tunisien·nes noir·es – se multiplient, des centaines de ressortissant·es d’autres pays africains se retrouvant subitement privé·es de logement, d’emploi et de moyens de subsistance
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