| Titre : | La frontière intérieure de la souveraineté : Quand les migrants ne peuvent devenir citoyens (2026) |
| Auteurs : | Jules Lepoutre, Auteur |
| Type de document : | Article : Article de revue |
| Dans : | Raisons politiques (n°101, 2026/1) |
| Article en page(s) : | Pages 65 à 79 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
relations internationales
immigration migrant(e), réfugié(e)s, exilé(e)s droit international |
| Résumé : | La population, objet de la souveraineté de l’État, et le peuple, titulaire de la souveraineté de l’État, structurent deux frontières différentes. La population est la communauté des individus soumise à l’autorité de l’État ; elle est formée sur des bases territoriales, via l’ensemble des individus présents à l’intérieur des frontières de l’État (territorial boundaries ). Le peuple est la communauté des citoyens ; il est formé sur des bases personnelles, via une seconde frontière, intérieure et immatérielle cette fois, dont les règles d’accès et de perte de la citoyenneté régulent l’entrée et la sortie (membership boundaries [2]) – la citoyenneté était ici considérée comme un statut juridique conférant à son titulaire un droit de participation politique à la décision collective [3]. Les deux frontières ne se recoupent pas, et l’entrée dans les frontières territoriales de la souveraineté ne marque pas pour autant l’entrée dans les frontières personnelles de la souveraineté. Les migrants qui entrent sur le territoire ne pénètrent pas systématiquement, loin s’en faut, dans les frontières de la communauté politique. Cette contribution se propose d’étudier et de questionner le cas extrême où, bien que présents sur le territoire, les migrants ne peuvent jamais accéder à la citoyenneté : la frontière extérieure a beau être franchie, la frontière intérieure de la souveraineté se maintient, inexorablement. |
| Fonds : | Courant |

