| Titre : | Soumission chimique : les dessous d’ un conte sociétal des sexualités viriles. |
| Accompagne : | |
| Auteurs : | Nathalie Collignon, Auteur |
| Type de document : | Dossier thématique |
| Editeur : | Liège : Collectif contre les Violences familiales et l'Exclusion - CVFE, 2025 |
| Format : | 30 pages |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
violence sexuelle et sexiste
médicaments droits des femmes |
| Résumé : |
Elles ont dans la vingtaine, peut-être moins, peut-être plus. Elles ont pris l’habitude de faire attention,
surtout dans les fêtes. Leurs familles, leurs copains et copines, les médias, tout le monde leur a dit de se méfier. D’être vigilantes à leurs fringues, aux mecs qui les collent d’un peu trop près, à ne pas s’isoler, à surveiller leur verre, à ne pas boire trop d’alcool. Spécialement en soirée. Toutes connaissent une fille, au moins, qui s’est retrouvée dans un état second sans raison apparente, beaucoup trop saoule pour un seul verre, ou même deux. Parfois, ça s’est terminé par une agression sexuelle. Les lieux de fêtes, associés à la détente et aux plaisirs pour les garçons, au relâchement de toute contrainte sociale, sont des lieux intégrés comme dangereux par les filles1. Particulièrement si elles sont jeunes. Il y a des prédateurs et des proies. Heureusement, il y a aussi de bons gars qui s’élèvent contre les « bad boys », qui raccompagnent les copines, veillent sur elles, les défendent si besoin. Les « Nice Boys » protègent les filles des monstres, des « connards », des « Autres ». Le bon cowboy contre les mauvais cowboys. Mais au fait, qui sont ces mauvais cowboys ? Quel rôle les bons cowboys jouent-ils réellement dans cette histoire qui ressemble méchamment à un conte initiatique ? Et si l’ensemble de la société crie « au loup » et enjoint les filles à la prudence, comment questionne t-elle les loups (et les bergers, ces gentils gardiens) ? Dans les médias généralistes dépouillés en me penchant sur le sujet de la soumission chimique et de l’Affaire de « Dominique Pélicot et des 50 violeurs condamnés », baptisée par la presse « affaire des viols de Mazan », il semble que ces questions soient encore largement occultées, pour se concentrer sur le renforcement des rôles d’un conte sociétal qu’on nous inculque à la louche. Les dénouements de ce conte sont simples et genrés : la peur et l’insécurité pour les femmes, et le désormais traditionnel « Not all men » (« pas tous les hommes ») pour les hommes, seulement quelques monstres à l’instinct animal, des malades, des « anomalies ». Les hommes ne se sentent donc, au fond, pas vraiment concernés. David, un des fils de Gisèle Pélicot, souligne à quel point il a été choqué par l’absence silencieuse des hommes lors du procès de son père et de ses acolytes, tandis qu’une avalanche de soutien arrivait à sa mère et à la famille de la part de femmes. Il s’engage d’ailleurs à continuer le combat aux côtés de sa sœur, Caroline Darian, dans l’optique de sensibiliser les hommes aux violences sexuelles, et de les inciter à prendre leur place dans le combat au côté des femmes. |
| Fonds : | Courant |

