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Résumé :
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Depuis les années 1990, qualifiées de « décennie des sanctions » (Lopez & Cortright, 2000 ; Grosser, 2015; Gomez, 2016), les sanctions internationales sont devenues des instruments privilégiés de régulation des relations internationales, visant à contraindre les États jugés en infraction par rapport aux normes démocratiques, juridiques ou sécuritaires. Un nombre substantiel de travaux issus de la « théorie de la punition » (Rubinstein, 1982 ; Dashti-Gibson, Davis & Radcliff, 1997 ; Drury, 1998 ; Drezner, 2003 ; Lektzian & Souva, 2007) considèrent que les sanctions imposent un coût économique suffisant pour contraindre les régimes ciblés. Kerr & Gaisford (1994) avancent par exemple que l’imposition d’une privation économique soutenue favorise la contestation populaire du régime, augmentant ainsi les chances de succès des sanctions. Cependant, un courant important souligne la faible efficacité réelle des sanctions. L’étude classique de Hufbauer et al. (2007) avance un taux de réussite de 34 %, déjà contesté par Pape (1997), qui ramène ce chiffre à environ 4 %. L’un des effets pervers de ces mesures est la capacité des dirigeants des États ciblés à intervenir directement dans l’économie pour absorber le choc des sanctions (Brischoux, 2023 ; Van Wyk, 2020). Les soutiens externes, qualifiés de « parrains » (black knights), jouent également un rôle central dans le contournement des sanctions et dans le maintien des échanges (Peksen & Peterson, 2016 ; Early & Peksen, 2019). D’autres travaux offrent des éclairages précieux sur l’importance du champ politique national dans la capacité de résistance des régimes autoritaires (Wintrobe, 1998 ; Burnell, 2006 ; Grauvogel, Licht & von Soest, 2017). Ils montrent que ces mesures peuvent produire des effets de « ralliement autour du drapeau », fondés sur la mobilisation de la souveraineté nationale (Jaeger, 2016 ; Badie, Nivet & Verzeroli, 2015). Les régimes sanctionnés tendent à diaboliser régulièrement les sanctions internationales et à les utiliser comme moyen de légitimation, surtout si leur pouvoir repose sur de fortes stratégies de légitimation (Grauvogel & Von Soest, 2014). Si cette approche a permis de dépasser une lecture strictement économiciste, elle reste néanmoins centrée sur la question de l’efficacité des sanctions et continue de privilégier l’État comme unité d’analyse principale.
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