| Titre : | Genre, migration et décolonialité : dossier (2026) |
| Type de document : | Article : Article de revue |
| Dans : | La revue nouvelle (N°6, 2026/6) |
| Article en page(s) : | Pages 26 à 76 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
migrant(e), réfugié(e)s, exilé(e)s
pauvreté égalité des genres droits des femmes |
| Résumé : |
Dans le contexte sociopolitique actuel de précarisation, les rapports de genre et les processus migratoires catalysent particulièrement les inégalités. Les femmes migrantes y sont très exposées car elles se trouvent à la croisée de multiples oppressions.
Les professionnel·les du travail social, de la santé, de l’insertion, de l’accueil,… sont confronté·es à ces réalités et mis·es au défi quotidiennement pour répondre aux besoins rencontrés sur le terrain dans l’accompagnement de ces femmes. Ce numéro rassemble des contributions visant à interroger les pratiques professionnelles au regard des rapports de pouvoir à l’œuvre et à présenter des modèles d’intervention pour renforcer l’égalité et l’émancipation dans nos métiers. Toutes sont l’œuvre de personnes et associations membres du RIFI, le Réseau Interculturel Féministe Intersectionnel, un réseau favorisant l’échange de pratiques interculturelles, féministes et intersectionnelles destinées aux professionnel·les accompagnant les femmes migrantes multivulnérabilisées. Dans la première partie sont abordés les mécanismes sous-jacents aux inégalités vécues par les femmes en migration. Nous y présentons les biais psycho-sociaux qui opèrent comme des infra-structures du pouvoir (Audrey Heine) ainsi que les enjeux liés aux assignations sociales (Jacinthe Mazzoccheti) et coloniales (Cécile Rugira) participant à la perpétuation des inégalités vécues par les femmes racisées. Les autrices abordent différentes formes de résistance des femmes, celles qui sont accompagnées et des professionnelles face aux systèmes oppressifs. En deuxième partie, nous présentons trois dispositifs d’accompagnement afin de saisir les réponses structurelles pouvant être apportées par les travailleuses face aux injonctions institutionnelles souvent contradictoires avec leurs valeurs et l’éthique professionnelle. Lauraline Michel et Aimée Pertel (OXO asbl) rendent compte d’un dispositif pour travailler sur le stress vicariant vécu par les professionnel·les directement concerné·es par des rapports de domination classistes, genrés, racistes, validistes, coloniaux et migratoires. Noémie Emmanuel (Vie féminine) développe les principes de l’Éducation permanente féministe intersectionnelle et les apports en matière d’intervention sociale. Souhaïla Amri (Nazra asbl) aborde les processus d’émancipation des femmes en migration à travers la création d’un espace artistique comme tiers-lieu de reconnaissance et requalification sociale. Enfin, dans leur dialogue, Noura Amer (La Maison des femmes) et Sarah Swayden (AWSA-be) racontent comment, au sein de leurs associations respectives, elles peuvent soutenir l’émancipation des femmes issues de l’immigration afin qu’elles acquièrent davantage d’autonomie. Ces contributions donnent à voir la complexité des configurations singulières produites par les différents systèmes de domination qui imprègnent notre société capitaliste hétéropatriarcale. Le genre, la race, la classe, le statut migratoire, l’âge, l’orientation sexuelle, le handicap,… sont bien des constructions politiques qui se renforcent, se modulent et s’articulent. Dans cette perspective, les autrices nous invitent à (re)penser nos postures et camper notre réflexion du côté structurel en vue de participer à une réelle transformation sociale. |
| Note de contenu : |
Ce dossier contient :
- Introduction, p.26 - Des biais individuels à la production des dominations, p.28 - Assignations raciales et résistances, p.34 - Femmes "migrantes", p.42 - Penser le stress vicariant comme enjeu collectif et politique, p.50 - Accompagner depuis une position située, p.60 - L'art de prendre sa place, p.69 - Transformer la brutalité en mouvements, p.76 |
| Fonds : | Courant |

