| Titre : | Courrier hebdomadaire du CRISP, n°2046-2047 - 2010 - L'annulation de la dette du Tiers Monde |
| Type de document : | Bulletin : Numéro de revue |
| Paru le : | 01/02/2010 |
| Année de publication : | 2010 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
science politique
élections société partis politiques |
| Index. décimale : | 32000 (Science politique. Vie politique. Partis politiques et mouvements d'idées. Politique intérieure. Elections. ) |
| Résumé : |
L’éclatement de la crise dans les pays industrialisés du Nord en 2008 s’est ensuite répercuté sur tous les continents, l’Afrique en tête. Cette crise globale, qui est à la fois financière, économique, sociale, institutionnelle, environnementale et migratoire, entraîne, en effet, des conséquences majeures pour les populations du Sud : explosion du nombre de chômeurs et de personnes sous-alimentées, réduction de l’aide publique au développement (APD), baisse des envois de migrants, diminution des dépenses sociales au Sud et en Europe de l’Est sous la pression des institutions financières internationales (IFI), etc. Un nouveau palier historique a même été franchi puisque selon le dernier rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et du Programme alimentaire mondial (PAM) publié en octobre 2009, plus d’un milliard de personnes souffrent aujourd’hui de la faim, soit un individu sur six : c’est 100 millions de plus qu’il y a un an.
Ce n’est pas tout. Dans les prochains mois, cette paupérisation risque encore de s’accélérer puisqu’une nouvelle crise de la dette publique externe (celle qui est contractée par les pouvoirs publics à l’égard des créanciers privés et publics étrangers) est en préparation, conséquence directe de la crise mondiale. En effet, toutes les conditions sont aujourd’hui réunies : effondrement des réserves de change de nombreux pays en développement (PED) lié à la chute du cours des matières premières, réendettement massif à l’égard des IFI, risque important de « socialisation » des dettes du secteur privé, forte augmentation de la dette publique interne (celle qui est contractée par les pouvoirs publics à l’intérieur du pays) et des prêts léonins Sud-Sud (comme ceux accordés par la Chine et le Brésil), augmentation du coût du remboursement de la dette externe, etc. Le remboursement du service annuel de la dette risque, par conséquent, d’accaparer une part encore plus importante des maigres budgets des PED, au détriment des dépenses publiques vitales pour le développement humain sur place, rendant impossible la réalisation des timides Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) à l’horizon de 2015, comme s’y étaient pourtant engagés tous les chefs d’État en 2000. Face au poids grandissant de leur dette, les pays devront, pour trouver un peu d’oxygène financier via les allègements de dettes et l’octroi de nouveaux prêts et dons, se soumettre davantage aux conditionnalités dictées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale, « revigorés » par la crise, et par le G20 (le groupe informel composé des 19 pays les plus puissants économiquement, ainsi que l’Union européenne). Pourtant, ces conditionnalités, largement héritées des plans d’ajustement structurels (PAS) imposés au lendemain de la crise de la dette de 1982, n’ont pas permis de résoudre le problème de l’endettement des pays du Sud. En effet, la majorité de ces pays restent surendettés et leurs ressources financières, amputées du remboursement de la dette, ne permettent toujours pas de satisfaire les besoins humains fondamentaux de leurs populations, malgré les promesses d’annulation de dette formulées par les grands bailleurs de fonds internationaux, comme le G8 (le groupe informel des huit pays les plus industrialisés de la planète) qui annonçait à Gleneagles en 2005 l’annulation totale de la dette des pays les plus pauvres de la planète. Les surcoûts liés à la crise sont largement supérieurs aux maigres effacements de dette parfois obtenus. Se pose alors la question de l’efficacité des différentes initiatives mises en place au niveau international pour traiter le problème de l’endettement du Sud, dont le FMI et la Banque mondiale sont les chefs d’orchestre. Dans quelle mesure les créanciers internationaux ont-ils changé de stratégie en matière d’allègement de dettes ? Ces changements remettent-ils fondamentalement en cause la logique de l’ajustement structurel formalisée dans Consensus de Washington élaboré au lendemain de la crise de 1982 ? Ces questions, qu’il faut poser, tant la gestion internationale du problème de la dette s’est révélée inefficace, nous amènent également à nous interroger sur les objectifs politiques poursuivis par les grands bailleurs de fonds internationaux réunis au sein des IFI, du G7 du G8 et maintenant du G20. En effet, l’endettement du Tiers Monde ne se limite pas à un problème technique et financier, car il contient plusieurs dimensions politiques. La controverse autour de la doctrine de la dette odieuse, placée au cœur du débat par les organisations non gouvernementales (ONG), mais que les États et les organisations internationales comme la Banque mondiale tentent de discréditer, démontre l’enjeu politique de la question de la dette. Car nombre de pays du Sud possèdent une dette odieuse : une dette sans bénéfice pour la population, contractée par des dictatures avec la complicité des créanciers. La dette odieuse relance avec force la notion d’audit de la dette du Tiers Monde, comme le préconise le rapport de l’expert indépendant de l’ONU sur la dette externe publié en juin 2009. Cette notion d’audit avait également été au cœur d’une résolution adoptée par le Sénat belge le 29 mars 2007. Plus de deux années après l’adoption de ce texte parlementaire, où en est cet audit ? Quelle est la position défendue par la Belgique au sein du FMI et de la Banque mondiale, où son poids est relativement important ? Quelle est sa marge de manœuvre concernant ses créances bilatérales sur les pays en développement ? Tant de questions essentielles, dont les réponses doivent nous permettre de comprendre les multiples enjeux actuels. |
| Fonds : | Courant |
Exemplaires (1)
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| 108089 | n.c. | Revue | Centre de documentation | Magasin | Disponible |



