| Titre : | Courrier hebdomadaire du CRISP, n°2063-2064 - 2010 - Les autorités belges et la décolonisation du Congo |
| Type de document : | Bulletin : Numéro de revue |
| Paru le : | 07/07/2010 |
| Année de publication : | 2010 |
| Langues : | Français |
| Sujets-matières : |
science politique
élections société partis politiques |
| Index. décimale : | 32000 (Science politique. Vie politique. Partis politiques et mouvements d'idées. Politique intérieure. Elections. ) |
| Résumé : |
a Belgique n’a pas de passé colonial au moment où elle reprend l’État indépendant du Congo en 1909. Ce dernier était l’œuvre d’un homme, le roi Léopold II. Antérieurement, l’État belge n’avait pas eu à se préoccuper de la gestion d’une colonie. Henri Rolin l’avait déjà souligné : « En 1908, le Congo fut annexé à la Belgique. (…) Il faut annoncer une politique et comme notre pays ne possédait pas de tradition coloniale, l’improviser. » À partir de la reprise par la Belgique, les pouvoirs détenus antérieurement par le roi furent concentrés, en métropole, dans les mains du ministre des Colonies et, à Léopoldville, dans celles du gouverneur général nommé par Bruxelles.
Axée en principe sur des méthodes d’administration indirecte, la colonie fut gérée par une pyramide d’institutions administratives, avec un double but. Le premier avait un aspect moral : le bien-être des populations indigènes, et le second, d’ordre économique, la mise en valeur du pays profite aux colonisateurs et aux indigènes. La politique envers les Congolais n’évolua sensiblement qu’après 1945, la seule innovation antérieure étant le régime de l’immatriculation des indigènes datant de 1895. Pendant la guerre, le gouvernement métropolitain replié à Londres continua à gérer la colonie dont la contribution à l’effort de guerre fut très importante. À la sortie des hostilités, la politique coloniale dans le monde s’orienta vers la décolonisation. La signature de la Charte des Nations unies le 26 juin 1945 à San Francisco marqua officiellement le début de la décolonisation dans le monde. Le gouvernement belge proclama son adhésion aux principes de la Charte et se fixa comme objectif la primauté des intérêts des habitants des territoires non autonomes et le développement de leur capacité de s’administrer eux-mêmes. En ne prenant pas d’initiative, la Belgique opta pour un certain empirisme en matière de politique coloniale. On commit l’erreur de s’attacher à satisfaire le désir de bien-être des autochtones en méconnaissant leurs aspirations idéologiques. Les intentions politiques souvent louables sur le plan des principes, jointes aux progrès sociaux et économiques, engendrèrent, dans le chef des gouvernants comme dans celui de l’opinion publique, une bonne conscience. Celle-ci a certainement accentué le climat de quiétude dans lequel la Belgique a longtemps vécu à l’égard des Congolais. Plus clairvoyant – on le voit à travers un discours – le gouverneur général Pierre Rijckmans le 5 juillet 1946, déclara : « L’Afrique est au tournant de son destin, les jours du colonialisme sont révolus [4]. » Ses idées furent reprises ultérieurement par un autre gouverneur général, Léon Pétillon. L’évolution généreuse de la politique préconisée au plus haut niveau de l’autorité coloniale précéda très largement, d’une part, celle des échelons de la hiérarchie administrative, d’autre part, celle des responsables de la politique à Bruxelles sans pour autant les influencer. En 1950, les autorités en étaient toujours à une politique d’assimilation dont les principes continuèrent à prévaloir jusqu’en 1954, date à laquelle l’immense majorité des hommes politiques, voire des Belges, continuaient à se désintéresser de la colonie. L’opinion publique ne s’éveilla à l’Afrique qu’avec le voyage triomphal que fit le roi Baudouin au Congo en 1955, mais, même après celui-ci, l’intérêt porté à la colonie resta limité aux milieux dirigeants métropolitains. La Conférence internationale de Bandoeng d’avril 1955 allait avoir des conséquences importantes sur les empires d’outre-mer. Dans le contexte belgo-congolais, elle ne provoqua cependant aucune réaction notable, les Congolais semblant l’avoir ignorée complètement |
| Fonds : | Courant |
Exemplaires (1)
| Code-barres | Cote | Support | Localisation | Section | Disponibilité |
|---|---|---|---|---|---|
| 108084 | n.c. | Revue | Centre de documentation | Magasin | Disponible |



